Je dois avouer qu'en matière de ressemblance modèle réduit / voilier grandeur je suis loin d'être psychorigide. J'ai toujours tendance à privilégier la fonctionnalité à la précision du détail (je ne suis pas maquettiste). Mais là, il y a vraiment un truc qui me chiffonne... Depuis que j'ai découvert le Ô combien fameux essai de La Belle Margot dans la revue MRB, et bien compris les problèmes de déplacement constaté par l'auteur, je n'arrête pas de me dire que sa manière d'ajouter du lest (vous savez les quelques 6Kg qui manquent) font perdre au voilier sa ligne...de flottaison !

Voici la photo figurant en tête de l'article. Regardez-la bien :

La Belle Margot

Avez-vous déjà vu un langoustier, voire un thonier-langoustier, avec une proue aussi enfoncée dans l'eau ? Même après une hypothétique pèche miraculeuse, la proue est légèrement surélevée et le bout-dehors, n'est jamais à l'horizontale (de même que le mât présente toujours une légère inclinaison vers l'arrière). C'est tellement vrai que sur certains coquilliers, où le phénomène de proue relevée est encore plus important, on avait tendance à rendre le pont concave pour obtenir une certaine horizontalité du pont à partir du deuxième tiers.

Ceci-dit, je pense savoir pourquoi le modèle de Bernard Gillier présente ce défaut : pour lester correctement son voilier, il a rempli l'espace entre les deux coques. Ce lest étant composé de petites billes de plomb, il s'est naturellement réparti sur la totalité de la coque (la nature a horreur du vide). Il faudra que je garde ça en tête lorsque j'effectuerais le lestage d'Ar Margod Kaer...

La ligne de flottaison doit s'établir le long de la surface noire, laissant le "triangle" blanc à l'air. Le haut de ce triangle indiquant la ligne de flottaison à charge maximale. Ci dessous la mauvaise ligne (en rouge) et la bonne ligne (en bleu) sur la seule photo réellement de profil que j'ai pu trouver. Désolé pour la qualité...

Lignes de flottaison